Programme

Programme

  1. Action sociale
    1. Emploi
    2. Mixité sociale et vivre-ensemble
    3. Inégalités et violences faites aux femmes
    4. Santé
    5. L’accessibilité
    6. Ouverture aux autres
      1. La coopération internationale
      2. Personnes migrantes
      3. Migrantes et migrants européens
    7. Pour conclure
  2. Urgence écologique
    1. Socialement
    2. Climatiquement et énergétiquement
    3. Écologiquement
    4. Sur les déchets
    5. Conclusion
  3. Urbanisme, logement, et déplacements
    1. Décroissance urbaine et solidarité territoriale
    2. Pour un commerce plus proche et plus humain
    3. Logement
    4. Déplacements
      1. Contraindre la voiture
      2. Parkings périphériques
      3. Les transports en commun
      4. Les modes actifs : vélo et marche
      5. Contraindre l’aérien, réhabiliter le train
      6. Actions transversales
  4. Enfance, éducation, et jeunesse
    1. Petite enfance et éducation
    2. Jeunesse
    3. Conclusion
  5. Culture, sport, loisirs, et vie associative
    1. Culture
    2. Pratiquer des activités physiques et sportives : sportez-vous bien à Rezé !
    3. Vie associative
  6. Sécurité
  7. Numérique
    1. Passer de l’ébriété à la sobriété numérique
    2. Reprendre le contrôle: non aux GAFAM et à leur monde
  8. Budget
    1. La participation citoyenne à la décision budgétaire
    2. La politique d’investissement
    3. La fiscalité locale
    4. Budget de fonctionnement
      1. Maison de santé
      2. Maison des habitantes et des habitants
      3. Budget participatif
      4. Création d’un comité des usagères et des usagers du CCAS
      5. Création d’un conseil local de santé mentale
      6. Un médiateur social à temps plein
  9. Démocratie
    1. Pour la démocratie dans la commune
    2. Les conseils de quartiers
    3. Les rapports avec la Métropole
    4. La démocratie, une nécessité vitale

Programme 2020

Programme 2014

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Programme

Avant-propos

L’égalité femmes-hommes est une préoccupation fondamentale pour nous. C’est pourquoi nous avons souhaité féminiser le présent texte.
Pour autant, afin de faciliter et fluidifier la lecture de ce type de document très dense, nous avons fait le choix de ne pas utiliser l’écriture inclusive, et de ne pas féminiser absolument tous les termes.
C’est ainsi que vous lirez systématiquement « Rezéennes et Rezéens », « habitantes et habitants », « élues et élues » etc., avec le féminin en premier, et le masculin en second, auquel s’accordent alors les participes.

Préambule

La participation des citoyennes et des citoyens au programme

Ce programme est le résultat d’un processus de consultation et de rédaction mené par Rezé à Gauche Toute, association politique citoyenne, auprès de ses adhérentes et adhérents et de ses sympathisantes et sympathisants. Il est également le résultat de 12 ans de présence au sein du conseil municipal, qui nous ont amenés notamment à intervenir de manière argumentée sur plusieurs centaines de délibérations (interventions et comptes rendus des conseils municipaux de 2008 à 2019, disponibles sur simple demande à l’association).

Il porte nos valeurs sociales et écologiques, mais aussi démocratiques. Il comporte également le fruit de nos réflexions sur des propositions et des mesures concrètes.

À l’image de cette rédaction de programme et au travers de notre candidature, nous souhaitons dépasser la démocratie représentative (le pouvoir donné aux élues et aux élus par les électrices et électeurs) et ses limites (pas de réel pouvoir laissé aux citoyennes et citoyens entre deux élections). Nous voulons la mise en place d’une réelle démocratie participative pour que les Rezéennes et Rezéens s’impliquent dans la gestion de la commune, se la réapproprient et s’émancipent (plus de détails dans la partie 9 du présent programme).

Les propositions programmatiques qui suivent pourront donc être affinées par les citoyennes et les citoyens qui pourront également en proposer de nouvelles, en y associant leurs aspects budgétaires.

Bonne lecture à vous !

Introduction

Une politique du bien-être et du vivre-ensemble

Le rôle premier d’une municipalité est de répondre au mieux aux besoins de sa population. De TOUTE sa population qui fait sa richesse, dans sa diversité et son évolution.

Pour nous, la richesse d’une ville ne se mesure pas seulement par des indicateurs fiscaux. Elle se mesure à sa capacité à offrir à chacune et chacun un cadre et des conditions de vie qui procurent le bien-être, la possibilité de relations humaines et d’activités épanouissantes, et une vision de l’avenir qui fasse un peu rêver. Là sont les vrais besoins humains.

Pour nous, ce sont les services publics qui, seuls, peuvent répondre à ces besoins, c’est-à-dire des services dont la finalité et la qualité peuvent être en permanence maîtrisées par la puissance publique, contrôlés par les usagères et les usagers. Ce qui exclut qu’ils soient délégués au secteur privé marchand, pour lequel l’objectif de faire du profit l’emporte sur la recherche de l’intérêt général.
Le contexte national et international ainsi que la politique du gouvernement nous conduisent à considérer que, pour atteindre un objectif de réel progrès humain, l’existence de listes citoyennes, écologistes, féministes est indispensable.

C’est notamment vrai à l’échelon local : nous ne pouvons pas « composer » avec l’actuelle majorité municipale, car nous sommes en désaccord profond avec nombre de valeurs fondamentales qui sous-tendent son action.

Un seul exemple : la recherche de la fameuse « attractivité », sous-entendue « compétitivité » du territoire, posée comme un objectif indiscutable par l’actuelle majorité. Nous contestons cette valeur d’« attractivité » : à quoi bon croître si c’est pour moins de bien-être global (embouteillages, stress, pollutions, épuisement des ressources, baisse du lien social) ? À quoi bon attirer de nouveaux habitants et habitantes si c’est pour dépeupler d’autres territoires ? À quoi bon devenir une ville encore plus riche si c’est pour déplacer la pauvreté ailleurs ?

À cette approche nous opposons le vivre-ensemble, et des changements radicaux dans la façon d’analyser les problèmes et de trouver des solutions. Car les crises sociales et environnementales sur lesquelles nous alertons depuis longtemps s’aggravent, et nous pouvons aujourd’hui parler d’un risque systémique d’effondrement de la société.

Les idées politiques dominantes nous présentent la situation économique actuelle comme inéluctable : nous n’aurions pas d’autres choix que de tout livrer à la « concurrence libre et non faussée », que de subir la compétition économique et la finance mondiale, et donc, finalement, pas d’autre choix que de baisser les dépenses publiques au nom du dogme budgétaire. Mais cette situation n’est pas une fatalité, elle a, au contraire, été instituée par les dirigeantes et dirigeants actuels, au besoin contre l’avis des peuples (référendum bafoué), soit ouvertement – adoption du traité européen de Lisbonne par les parlementaires, renflouement des banques sans contrepartie –, soit de manière plus discrète – règles économiques et financières décidées dans l’opacité par l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le Fonds monétaire international (FMI), le Groupe des 20 (G20), etc.

Car la préoccupation principale des dirigeantes et dirigeants politiques en place est de ne pas faire de vagues, d’étouffer polémiques ou contestations par tous les moyens possibles (privilèges ou répression ciblés), occultation des problèmes, voire déni, amusement populaire, propagande, ce qui aboutit à un consensus apparent et leur permet de maintenir leur domination et leur idéologie tout en se donnant l’image de décideurs « raisonnables » et « réalistes ».

À cette posture de « bon gestionnaire » de façade, nous opposons une vision politique de rupture, courageuse, car pas forcément consensuelle. Nous pensons qu’elle peut créer l’envie chez un nombre important de nos concitoyennes et concitoyens, notamment celles et ceux, les plus nombreuses et nombreux, qui ne bénéficient qu’à la marge du système actuel, voire en pâtissent. Car des évolutions radicales et progressistes sont nécessaires comme solutions aux crises profondes.

Pour que ces évolutions soient désirables, il faut partir de l’humain, et toujours y revenir. Ce sera notre premier principe. Le deuxième sera l’attachement aux valeurs républicaines : Liberté, Égalité, Fraternité.

Notre troisième principe sera de se préoccuper de l’humain indissociable de son environnement.
Enfin, notre principal ennemi reste le néolibéralisme, qui s’oppose aux objectifs précédents. Cet ennemi est puissant, mais nous savons aussi que nous pouvons le vaincre grâce à une dynamique populaire.

Ces principes étant posés, voici nos orientations générales sur quelques thématiques qui nous semblent fondamentales.

Elles se situent dans la droite ligne des propositions que nous avons faites dès notre première candidature aux élections municipales de 2008, et que nous avons développées au cours du mandat 2008-2014, au cours duquel nous avons eu 2 élu·e·s, puis du mandat 2014-2020 (3 élu·e·s).
Nous avons enrichi et fait évoluer ces propositions en fonction de notre compréhension des enjeux et de l’évolution – malheureusement souvent inquiétante – du contexte social et écologique.
Nous nous présentons aujourd’hui devant les électrices et les électeurs pour mettre en œuvre ces propositions.

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Action sociale

L’action sociale désigne l’ensemble des moyens par lesquels une société agit sur elle-même pour préserver sa cohésion ; ces moyens doivent être mis en place avec sa population et pour l’ensemble de celle-ci, avec la volonté politique de prioriser des actions vers les personnes qui subissent les conséquences de la politique libérale du gouvernement actuel. La cohésion d’un territoire implique que chacune et chacun y trouve sa place. La municipalité a un rôle de premier plan dans l’entretien d’un climat de confiance et de solidarités locales. Une municipalité, avec l’appui et/ou en soutien des collectifs d’habitantes et d’habitants, doit veiller à ce que les services proposés soient accessibles facilement, donc à proximité des lieux d’habitation, que ce soient des services publics tels que la Poste, la SNCF, la CAF, les Impôts, les centres de PMI, les écoles primaires ou des structures conventionnées et financées par la Ville : les centres socioculturels (maintien du CSC Loire-et-Seil réaménagé à Port-au-Blé ou création d’un nouveau CSC à Pont-Rousseau), l’ARPEJ.

Emploi

Le Sud-Loire a besoin d’emplois : rappelons ici qu’entre 1 800 et 2 200 emplois ont été sauvés dans le Sud-Loire avec l’abandon du transfert de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Nous avons participé activement à la lutte contre ce transfert et, par conséquent, au sauvetage de ces emplois.

En matière d’emploi privé :

  • Nous favoriserons l’implantation d’entreprises qui valorisent le capital humain et non le capital financier, qui respectent l’environnement et qui luttent contre les discriminations. Nous introduirons par exemple dans nos appels d’offres, chaque fois que c’est possible, des clauses de « mieux-disant social » notamment une clause d’insertion pour favoriser l’emploi salarié des habitantes et habitants des quartiers (« politique de la Ville ») et de « mieux-disant environnemental ».
  • Nous développerons les initiatives d’économie de proximité (gestion nouvelle des espaces verts, lutte contre le gaspillage alimentaire, agro-écologie) favorisant l’emploi et l’économie locale.
  • Nous soutiendrons les associations pour faciliter la création d’emplois et celles travaillant sur la réinsertion.

En matière d’emploi public :

  • Nous recréerons des emplois publics pour des services publics, sans sous-traitance au privé (par exemple : passage en régie municipale de la distribution de l’eau, entretien et rénovation des locaux municipaux).
  • Nous limiterons le recours aux emplois précaires au sein de la collectivité (les non-titulaires représentent actuellement 1 agent sur 5 – source : « compte administratif 2018 »).
  • Nous développerons la formation des agents municipaux, notamment des plus précaires (agents contractuels, animateurs périscolaires).
  • Nous redéfinirons, lorsqu’il y en aura besoin, les missions des agents municipaux, en concertation avec les personnels concernés.
  • Nous mènerons une politique volontariste contre les discriminations au travail, notamment au sein des services municipaux.

La mixité sociale et le vivre-ensemble

La mixité sociale est une richesse. Elle implique de lutter contre toutes les discriminations.

  • Nous proposons une ville solidaire : accueil et aide aux personnes migrantes, solidarité internationale avec les peuples qui luttent pour leur liberté (cf. point 1.7).
  • Nous soutiendrons toutes activités créatrices de lien social (par exemple : les jardins familiaux ou partagés).

Maintenir une mixité sociale, c’est permettre le maintien sur la commune et la métropole des ménages modestes. Actuellement, la construction de logements neufs ne s’accompagne pas de la construction de logements sociaux en proportion suffisante.
Nous renforcerons l’effort sur le logement social (création, entretien, amélioration) tout en :

  • luttant contre la ghettoïsation de certains quartiers ou îlots urbains, en accentuant l’intervention publique sur ces derniers en matière d’animation, de médiation sociale, d’équipements et d’amélioration du cadre de vie ;
  • mettant tout en œuvre pour faciliter la mobilité de toutes et tous, et l’accessibilité aux équipements publics, aux espaces urbains et aux logements, des personnes handicapées et/ou âgées et/ou en difficulté pour raison de santé. Concrètement, nous accélérerons le Plan pluriannuel d’accessibilité, en concertation avec les associations concernées, dans le cadre de la Commission communale pour l’accessibilité des personnes handicapées (cf. point 1.6).

L’action sociale reste une compétence importante et opérationnelle de la Ville. Nous ferons en sorte que chacune et chacun se sente impliqué dans cette action. Pour ce faire, nous proposerons :

La création d’un comité des usagères et usagers du CCAS, leur donnant la parole pour mieux comprendre leurs attentes et leurs besoins.
La création de « maisons des habitantes et habitants » : un espace de partage d’informations sur le quartier et sur la ville (ressources pour les personnes handicapées, les adolescents, contre les violences faites aux femmes), des services pour les habitantes et habitants et un accompagnement dans certaines démarches administratives. Nous mènerons une première expérimentation dans le quartier La Houssais – Jaguère (nombreux logements construits dernièrement, quartier excentré et pas de CSC), en concertation avec le milieu associatif.

Ces « maisons des habitantes et habitants » sont à différencier des « centres socioculturels » (CSC), qui sont gérés par des associations conventionnées et cofinancées par la Ville et la CAF.

Les actions des CSC sont élaborées sur la base d’un projet social construit par et pour les habitantes et habitants. Le fonctionnement des CSC est structuré pour que les projets d’habitantes et habitants soient au cœur des activités qui s’y développent.

Nous nous refuserons à toute instrumentalisation des CSC et veillerons au respect de leur autonomie.

Inégalités et violences faites aux femmes

Le nombre très important de féminicides et de femmes victimes de violence physique ou psychologique est une question fondamentale pour notre société. Nous approuvons l’adhésion de la Ville de Rezé à la Charte européenne pour l’égalité des droits des femmes ; il reste cependant beaucoup à faire dans les domaines de la culture, de l’éducation, du sport et de l’espace public. Nous devons intégrer la notion de mixité dans les projets d’aménagement lorsque la Ville est maître d’ouvrage.
L’égalité pour les droits des femmes passe par la lutte contre les stéréotypes en matière d’éducation, de culture et de loisirs. Nous nous engageons à informer et former le personnel municipal en coopération avec les partenaires institutionnels et associatifs sur ce sujet.
Les inégalités sont particulièrement subies par les femmes seules avec leurs enfants, qui représentent la grande majorité des familles monoparentales :
À Rezé, en 2018, il y avait 10,7 % de familles monoparentales (source : Observatoire social urbain, Compas, 2018).
Des conséquences d’inégalités socio-économiques précarisent ces familles (garde d’enfant, emploi, lien social fragile).
En ce qui concerne les femmes victimes de violences, nous proposons :
d’exiger que les plaintes soient bien prises en compte et d’accompagner les victimes dans ces démarches ;

Mettre en place à Rezé une antenne de la « Maison Ouverte » de l’île de Nantes, ouverte 24 h/24. Cette antenne pourrait diriger les femmes vers cette maison ou proposer des solutions locales. À terme, après évaluation des besoins, des moyens pourraient être dégagés pour la création d’un centre d’hébergement accueillant des victimes de Rezé, mais aussi des localités proches du Sud-Loire

La Santé

Personne ne devrait renoncer à se soigner faute de moyens. La santé regroupe de nombreuses actrices et acteurs, mais l’action municipale peut favoriser l’accès aux soins et la prévention, notamment pour les personnes les plus défavorisées.
En nous appuyant sur le CCAS :
nous développerons des ateliers de prévention sur la santé, y compris de santé environnementale, dans les écoles, dans les quartiers ;

Nous mettrons en place un contrat local de santé avec le soutien de l’Agence régionale de santé (ARS), permettant de prioriser et de coordonner les acteurs et actrices de la santé sur la commune.

Nous prendrons également en compte la santé mentale et les souffrances psychiques, qui peuvent naître de l’isolement ou de l’exclusion, de la perte d’espoir en l’avenir, du stress… en favorisant la mise en place d’un Conseil local de santé mentale pluri-professionnel.

nous interpellerons les professionnelles et professionnels de santé, d’abord les médecins généralistes, ainsi que l’ARS, afin de réfléchir à la mise en place d’une Maison de santé pluri-professionnelle à Rezé. Les besoins en soins de la population de Rezé et alentour le justifient amplement. Elle serait ouverte 7 jours sur 7, avec un système de garde le week-end, afin de contribuer au désengorgement des services d’urgences. Le coût d’un tel équipement peut varier en fonction du programme retenu. À ce sujet, plusieurs scénarios sont envisageables : de la facilitation de recherche de locaux pour des praticiennes et praticiens regroupés en « équipe de soins primaires », à la création ex nihilo d’une structure polyvalente. Outre sa fonction d’hébergement, celle-ci pourrait être centre d’information, d’animation de la politique de santé sur le territoire et offrir la mise à disposition de locaux à des associations de prévention. Cet équipement pourrait être complété par l’embauche de « médiateurs santé » facilitant l’accès à l’offre de soins et intervenant dans l’espace public ou dans le cadre de permanences.

L’accessibilité

Vivre à Rezé tout en étant en situation de handicap, de perte d’autonomie. Que l’on soit un enfant, un adulte ou une personne vieillissante, la question de l’accessibilité se pose à toutes et tous différemment.
Il revient aux personnes concernées, en tant qu’expertes, de construire et d’apporter des réponses adaptées aux réalités vécues.

La commission « accessibilité » de la Ville sera conçue comme une instance de conseil et d’expertise. Elle concrétisera les décisions politiques du conseil municipal pour toutes les questions liées à l’accessibilité. Pour ce faire, l’ordre du jour et les dates de réunion de la commission « accessibilité » de la commune de Rezé feront l’objet d’une communication spécifique et adaptée.

Par sa dimension transversale, l’accessibilité doit être abordée et discutée bien plus largement, sur tous les sujets qui viennent en débat au conseil municipal et ses différentes commissions, mais aussi et avant tout dans les conseils de quartier, dans les réunions publiques…

Pas de question dont la dimension « accessibilité » ne soit pas abordée et discutée collectivement :

  • un projet d’installation d’espaces de jeux pour les enfants dans les cours d’école et dans les espaces verts ? → mise en place de jeux accessibles à tous les enfants, quelles que soient leurs limitations ;
  • des initiatives en matière de retraitement des déchets ? → mise en accessibilité des conteneurs à verre, accueil spécifique en déchèterie, ramassage à domicile, etc. ;
  • des projets immobiliers ? → incitation à 100 % de logements neufs accessibles, rédaction d’un cahier de recommandations « accessibilité » définissant le cadre d’intervention sur le bâti et l’espace public (avec les associations et des représentants des personnes handicapées à destination des bailleurs sociaux et des promoteurs) ;
  • des difficultés dans l’accès aux soins ? → participation à la création d’un réseau de centres de santé pour l’accès à des soins de qualité pour toutes et tous ;
  • des besoins de logements ? → recensement des logements accessibles proposés à la location, accélération de la construction de logements accessibles et aide à l’adaptation des logements dans le parc privé, participation à la gestion de la demande et des attributions (représentation et définition de priorités) ;
  • des aménagements et modifications de voirie (stationnements, circulations, espaces piétonniers…) ? → prise en compte et adaptation aux difficultés et réduction de mobilité…

Ouverture aux autres

La coopération internationale

La coopération internationale, incluant le volontariat international, doit permettre de développer une meilleure connaissance des enjeux du monde par les citoyennes et citoyens eux-mêmes.
La coopération internationale que nous défendons au niveau municipal n’est en rien synonyme d’une solidarité paternaliste envers les pays pauvres. Bien au contraire, il s’agit de construire des relations partenariales avec d’autres pays. Coopérer sans imposer notre vision du monde, permettre aux régions accompagnées de déterminer elles-mêmes leurs besoins et leurs objectifs. Cela contribue à l’enrichissement par la différence de l’« autre », mais aussi par la prise de conscience de ce que nous avons en commun, de l’universalité des droits humains que nous défendons. Sur la commune de Rezé, de nombreuses associations et les centres socioculturels travaillent sur le thème de l’international. Nous favoriserons et susciterons des évènements pour impliquer les citoyennes et citoyens dans les coopérations. Celles-ci participent à la lutte contre l’enfermement, le communautarisme et le repli sur soi. La confrontation à l’autre est essentielle pour lutter contre la xénophobie et les préjugés.
Les citoyennes et les citoyens qui luttent, à leur échelle, contre les raisons structurelles des disparités Nord-Sud déterminent davantage leur engagement en développant la compréhension des systèmes de domination dans le monde.
La Ville de Rezé est déjà engagée dans un certain nombre de projets, qui sont à poursuivre en refusant tout paternalisme et charité, mais en travaillant sur une véritable coopération. Soyons éthiques dans les actions de la commune : mettons une clause, dans les cahiers des charges des marchés publics, qui respecte le droit international et les prescriptions du Bureau international du travail.

Affichons des choix politiques clairs, qui soutiennent les peuples qui luttent pour leur liberté (Kurdes, Palestiniens, Sahraouis).

Dans ce cadre, nous nous félicitons des actions de soutien de la Ville de Rezé à nos amies et amis palestiniens. Nous considérons qu’un des moyens de ce soutien est le boycottage des produits issus des colonies israéliennes implantées dans les Territoires palestiniens. Ce soutien va de pair avec notre vigilance à l’égard de toute assimilation entre antisémitisme et antisionisme. Nous serons également vigilants face aux expressions qui confondraient Israël et les Juifs, faisant ainsi courir le risque de l’antisémitisme.

Personnes migrantes

Les personnes migrantes, demandeuses d’asile, réfugiées et réfugiés politiques, climatiques, économiques, doivent être protégées, informées et accompagnées dans leurs démarches administratives. Les logements ou foyers d’accueil d’urgence doivent leur être accessibles. La Mairie doit veiller à ce que les conditions d’accueil des migrants soient dignes. La Ville doit prioriser son devoir légitime à porter secours, et mettre tout en œuvre pour que les migrantes et migrants accèdent au droit commun.
Nous proposerons la mise en place, par des habitant·e·s et des élu·e·s, de parrainages de familles et d’enfants scolarisés dans les écoles.
Les dispositifs MOUS (maîtrise d’œuvre urbaine et sociale) seront développés. Ces dispositifs permettent de fixer, entre l’État et la Ville, des objectifs et des plans d’action pour promouvoir l’accès au logement des personnes et des familles défavorisées, sur des sujets déterminés (conditions d’hébergement).

Migrantes et migrants européens

Concernant la place des migrantes et migrants européens (autre façon de parler des Roms) dans la ville de Rezé, nous avons pu constater, durant le mandat 2014-2020, le changement de politique opéré par la majorité municipale. La politique de l’autruche qui prévalait (« Qu’ils s’en aillent ! ») s’est transformée en volonté que la Ville prenne sa part dans l’accueil d’une population qui souhaite vivre à Rezé.
Face aux tensions existantes, il a d’abord été fait appel à une forme « d’expertise citoyenne » pour analyser la situation et élaborer des préconisations. Le travail de cette « Conférence citoyenne Migrants » a débouché sur des propositions, adoptées unanimement par le conseil municipal, et mises en œuvre assez rapidement.
Ce que nous en retenons :
la menace d’expulsion permanente a été levée grâce à l’aménagement de deux sites d’accueil et a permis à cette population de commencer à s’inscrire sereinement dans une démarche d’intégration ;
un accompagnement social a été mis en place, structurant le dialogue nécessaire aux ajustements à trouver dans la réalisation concrète de cette intégration ;
lorsque des citoyennes et citoyens prennent en charge un problème de cohabitation sur leur commune, ils sont capables de propositions pertinentes et réalisables ;
cette politique a trouvé un écho favorable auprès d’autres communes de la métropole, et a proposé une forme d’intervention pertinente aux institutions qui doivent prendre en charge cette question.
Pour autant, les difficultés restent importantes, et la durée prévue du dispositif (deux ans) ne sera pas suffisante. Mais l’orientation est la bonne, et on peut constater qu’elle peut se reproduire face aux difficultés rencontrées, par exemple, par les jeunes mineurs isolés étrangers.
Pour nous, il y a nécessité de structurer un parc immobilier destiné à l’accueil d’urgence. Sa fonction serait de stabiliser l’hébergement de populations en graves difficultés, et leur permettre d’engager une démarche d’intégration.
Cette démarche d’intégration, pour s’opérer réellement, doit bénéficier d’un accompagnement particulier. L’accompagnement des jeunes mineurs isolés, qu’ils soient reconnus mineurs ou pas, doit être renforcé par des professionnels. En effet, pour l’accompagnement d’adolescents ou de jeunes adultes en souffrance, le bénévolat trouve rapidement ses limites.

Pour conclure

Si l’État est indiscutablement le mieux à même de produire des politiques publiques aptes à favoriser la cohésion sociale – particulièrement la santé –, la création d’un climat de confiance et de solidarités de proximité entre habitantes et habitants est avant tout l’affaire du local.
L’équipe municipale doit être un relais et un acteur déterminant de la mise en place de l’action sociale.

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Urgence écologique

En lien avec la santé publique et les
équilibres du vivant

Les crises écologique et climatique nous imposent de changer en profondeur le fonctionnement de la société ; les crises économiques et sociales l’imposent aussi.

L’humanité malmène la planète et donc se malmène elle-même. Les dégâts environnementaux sont intimement liés à nos modes de vie et de développement. Le développement durable n’est plus que le paravent vert du « continuer comme avant ».

Il est urgent de prendre du recul sur la définition du progrès, et de la croissance. Il faut définir de nouveaux objectifs, dont découlera un nouveau fonctionnement de la société.

Dans le contexte ultralibéral actuel, où le seul but est le « toujours plus », une des ruptures idéologiques majeures à mener est la résistance à cette pression du « toujours plus » pour la population humaine : plus de consommation, plus de PIB, plus de technologie. Ce « toujours plus » profite seulement à une petite minorité – celle qui détient le pouvoir et le capital –, ce qui est en soi révoltant. Mais, au vu des limitations de ressources naturelles, il est illusoire de penser que tout le monde pourrait avoir le train de vie et de consommation de cette minorité. L’enjeu primordial est donc de rééquilibrer les niveaux de vie en agissant tout autant pour augmenter celui des plus pauvres que de baisser celui des riches.

Aujourd’hui, plus que jamais, on ne peut plus nier que l’accélération des catastrophes climatiques et écologiques met en péril l’organisation des sociétés humaines.

Le terme de « transition », qui est désormais dans toutes les bouches comme l’a été celui de « développement durable » il y a 20 ans, est aujourd’hui dévoyé pour faire croire à la possibilité d’un simple ajustement de nos modes de vie actuels. Nous le mettons de côté.

En effet, nous sommes aujourd’hui confrontés non pas à de vagues menaces qui affecteraient notre qualité de vie, mais à la possibilité d’un effondrement complet de la civilisation, sous l’effet conjugué de la raréfaction des ressources – notamment énergétiques –, de l’effondrement de la biodiversité, de la pollution généralisée de toute la biosphère (eau, sols, air, océans…), et de la dépendance sans précédent aux technologies complexes, et donc fragiles, à commencer par le numérique.
La transformation écologique de la société est plus qu’une priorité, c’est une urgence ! Urgence écologique, urgence climatique, urgence sociale !

L’implication des Rezéennes et des Rezéens sur ces questions écologiques, climatiques et sociales est un point crucial, car c’est bien une dynamique locale et collective sur ces questions qu’il faut générer. La commune ne pourra que trop peu, sans une mobilisation citoyenne générale.
L’inverse est lui aussi fondamental : la collectivité devra accompagner les évolutions des comportements individuels par des services publics conséquents, et des politiques publiques cohérentes et lisibles. Stop aux décisions et aux injonctions contradictoires de la puissance publique (« consommez moins mais ouvrons les commerces le dimanche, laissons de la place à la nature en ville mais attirons toujours plus de monde, faisons des économies d’énergie mais ne questionnons pas la croissance infinie du PIB »…).

Suppression de 100 % des panneaux publicitaires (ce qui est différent des enseignes de magasins) à Rezé d’ici à la fin du mandat.

Au vu de la nécessaire transformation de nos modes de consommation et de production, des débats citoyens sur les notions de croissance, de décroissance, de transition énergétique s’imposent à Rezé, comme ailleurs.

Les décisions communales devront s’inspirer fortement de ces échanges citoyens éclairés par des interventions d’expertes et d’experts.

Socialement

La transition énergétique et climatique devra mettre l’humain au premier plan, en intégrant une dimension de justice sociale dans chaque décision et en affirmant que le niveau d’effort des plus aisés et donc des plus gros consommateurs potentiels devra être supérieur à celui des plus défavorisés.

Initier et accompagner les Castors de l’auto-réhabilitation des logements pour les amener à une haute performance énergétique (isolation, apports solaires mais aussi protections solaires), environnementale (matériaux) et sociale (rendre accessible financièrement l’amélioration énergétique du bâti).

Nos autres idées :

  • L’eau est une ressource vitale, pas une marchandise. Dans ce domaine nous proposons, deux axes forts : le passage en régie directe dans toutes les communes de la Métropole et la tarification progressive (prix de l’eau bas pour les usages de base, puis progressif pour les usages plus importants).
  • Une « université populaire du goût et de l’alimentation », pour une meilleure alimentation et donc une meilleure santé. Faciliter la distribution en circuits courts, avec locaux ou lieux adaptés, construction de halles, davantage de marchés le soir.
  • La lutte contre la précarité énergétique, qui touche des milliers de Rezéennes et de Rezéens, sera une de nos priorités, notamment par l’affectation de moyens humains importants pour accompagner les ménages vers les gestes écologiques et les propriétaires vers les travaux efficaces. Les recettes fiscales perçues par la commune au titre de la taxe sur la consommation finale d’électricité (TCFE) – soit environ 700 000 euros par an (en 2018) – seront intégralement affectées à cet objectif.

Climatiquement et énergétiquement

Tous les rapports des chercheurs l’affirment : la planète se réchauffe dangereusement et il faut tout faire urgemment pour limiter la hausse des températures en cours, en diminuant drastiquement (en la divisant par 10 en France, environ) nos émissions de gaz à effet de serre, énergétiques ou non (agriculture), qu’elles soient émises sur le territoire local ou « importées » via les produits des consommations venant de Chine ou d’ailleurs.

Par ailleurs, indépendamment de la question climatique, la réduction drastique des consommations d’énergie (à diviser par 3 environ en France) est en soi une urgence au vu de la raréfaction des énergies fossiles, à commencer par le pétrole, qui représente encore 75 % de nos consommations d’énergie.

Le nucléaire, dont la contribution à la lutte contre le changement climatique n’est pas si importante que son lobby le fait croire, doit quant à lui, être abandonné au plus vite au vu des risques inacceptables et non totalement maîtrisables qu’il génère.
La consommation d’énergie est dans toutes les activités, elle ne peut pas être un sujet « comme un autre », mais doit être fortement intégrée à toutes nos politiques publiques.

Nos propositions :

Nous proposons de nous inspirer collectivement et individuellement de l’approche « négawatt » qui cherche d’abord à réduire fortement les consommations d’énergie, pas seulement par l’efficacité, mais aussi par la sobriété. Les énergies renouvelables doivent être développées au sein de la commune, avec notamment des participations citoyennes. Exit la surconsommation et les logiques de profit, tendons vers une ville sobre et productrice de ses besoins énergétiques.

  • Mettre fin à la politique d’attractivité de la ville et de la métropole, qui génère compétition entre les territoires, concentration de population, moins d’autonomie du territoire, dépendance alimentaire, énergétique, globalement plus d’intrants nécessaires à la ville, nouveaux immeubles à la construction énergivore, difficulté de circulation, grande densité humaine pouvant entraîner des tensions sociales.
  • Réduire fortement, mais progressivement et avec accompagnement, l’usage de la voiture et sa place dans l’espace public :
  • en développant mieux les transports en commun dans la ville, notamment pour les déplacements des personnes à mobilité réduite.
  • en repensant la place des vélos dans la ville, tout comme celle des piétons, et en premier lieu celle des personnes à mobilité réduite (plus de précisions dans la partie « Transports »).
  • en rendant la voiture moins efficace que les autres moyens de transport.
  • Sur le patrimoine communal : programme d’économie d’énergie sur les bâtiments et l’éclairage public, optimisation des locaux, développement des énergies renouvelables telles que le solaire. Mais aussi, diminution des usages du numérique (cf. partie « Numérique »).
  • Évolution des règles d’urbanisme pour favoriser la performance énergétique (par exemple facilitation à l’installation de chauffe-eau solaires sur toute construction, notamment collective).
  • Recruter au sein des services municipaux un – voire plusieurs – « conseillers info énergie » dont la mission sera d’apporter un service gratuit et indépendant pour l’amélioration énergétique de l’habitat et des déplacements.
  • Mettre en place une régie municipale agricole pour produire des légumes biologiques pour la cuisine centrale.
Concernant l’aéroport et le trafic aérien

Nous sommes pour la réduction drastique des vols, car ils sont source de pollutions directes locales (sonore et atmosphérique) pour les Rezéennes et les Rezéens et source de pollutions globales pour toutes et tous : le transport aérien est le plus générateur de CO2 par passager.

Les vols à bas coût sont intégralement responsables de la hausse du trafic de Nantes-Atlantique depuis 15 ans. Ce trafic est pour moitié (environ) national, et est pour une part non négligeable substituable par le train (20 % des vols pour moins de 5 h de train, et 15 % supplémentaires pour moins de 7 h de trajet en train). Nous prônons leur réduction progressive jusqu’à leur disparition.

Nous prendrons l’initiative de la création d’une association nationale des collectivités opposées au trafic à bas coût, qui défendra les orientations suivantes :

  • Interdiction des incitations fiscales (exonérations de charges, etc.) et autres avantages aux compagnies à bas coût dans tous les aéroports de France.
  • Couvre-feu de 22 h à 7 h dans tous les aéroports de France : cette mesure, en plus des bénéfices directs et immédiats pour les populations (silence la nuit), déstabilisera le modèle économique des compagnies à bas coût, qui doivent faire de nombreuses rotations par jour pour couvrir leurs charges fixes.
  • Adoption d’une loi interdisant toutes les liaisons aériennes pour tout trajet pouvant être effectué en moins de 5 heures de train.
  • Réhabilitation du transport ferré, avec reprise en main publique de l’intégralité de la SNCF, baisse des coûts du train, et renchérissement de l’avion.

Si ces mesures sont défendues avec suffisamment de poids politique pour être mises en œuvre, la réduction du trafic aérien sera très conséquente.

 Les données des pollutions sonores et atmosphériques devront être rendues publiques et couvrir tous les territoires concernés par les nuisances sonores et les pollutions.

 Enfin, aujourd’hui comme hier, nous nous opposons à tout transfert de l’aéroport, qui reporterait nuisances et pollutions sur d’autres populations, tout en gaspillant des fonds publics, détruisant des terres nourricières et allant dans le sens d’un accompagnement d’une croissance du trafic aérien.

Écologiquement

L’humain, surtout en milieu urbain, a modelé l’environnement selon ses propres et uniques besoins. Il est temps d’accélérer le retour de la nature en ville, d’aller vers de meilleurs équilibres biologiques.

Zéro artificialisation nette dans les zones déjà urbanisées de Rezé, dès 2021. Recherche poussée de désartificialisation dans toutes les opérations (bâtiments, infrastructures…) publiques.

Nos autres idées :

  • 100 % de toits utiles (apports thermiques, écologiques, agricoles, sociaux).
  • Faire de tous les parcs et espaces verts des refuges de biodiversité à la manière de « Jardiversité » et des refuges LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) : création de mares, de zones de vie pour les animaux et insectes…
  • Mettre en place des grandes coulées vertes sur la commune, en s’appuyant les préconisations de l’urbaniste écologique P.hilippe Clergeau (reconstitution de corridors nord-est et nord-ouest), et en préservant et en améliorant la seule grande continuité verte restant à Rezé (entre Ragon et la Blordière). En effet, dans une ville déjà largement urbanisée, reconstituer une trame verte a un double bénéfice : pour la population (détente, liaisons tranquilles entre quartiers, chemins d’école…) et pour la biodiversité (corridors écologiques).

Pour ce faire, les parcelles nécessaires étant aujourd’hui vouées à l’urbanisation, il faudra revoir le PLU (Plan local d’urbanisme) afin de les classer en zones à re-naturaliser. Conjointement, une politique volontaire devra être menée dans ce sens par le rachat des terrains concernés, le déplacement si besoin de certains bâtiments, et la remise en question de projets de construction entamés par la majorité actuelle et qui impactent ces coulées vertes : Pôle Basket à la Trocardière et EHPAD dans le parc des Mahaudières.

  • Orienter les productions de matières organiques générées par la ville (feuilles, tontes, élagage) vers les zones de production agricole proches (notamment la régie agricole municipale).
  • Mettre en place des parcs producteurs de fruits et légumes en lien avec la population et le service des espaces verts, à la manière des « incroyables comestibles ».
  • Augmenter le nombre et la taille des espaces verts, avec plantation massive d’arbres grâce à un grand programme de désartificialisation et de plantation des espaces publics (trottoirs, voirie, places, promenades…).
  • Programme d’éducation populaire pour réinterroger la notion d’espaces publics « propres » (place des faune et flore sauvages, etc.).
  • Expérimenter l’écopâturage (tonte d’espaces verts par des moutons).

Sur les déchets

Nous refusons de cautionner l’approche actuelle selon laquelle les déchets sont des « ressources » desquelles on peut tirer de l’énergie, de nouvelles matières premières, etc. Cette approche permet de faire croire que, finalement, la réduction des déchets à la source n’est pas une priorité, puisqu’ils sont « valorisés ». Mais ce qu’« oublient » de dire les tenants de ce discours, c’est que le rendement de cette valorisation est très mauvais : il sera toujours plus efficace, pour préserver les ressources, de ne pas produire le déchet, plutôt que de le transformer. La vraie motivation des discours « déchets = ressources » est de faire perdurer le système actuel, qui épuise la planète mais fait les affaires de quelques-uns. Un déchet produit est avant tout un échec. Nous ferons de la réduction à la source une priorité.

Nous porterons un débat citoyen sur la recherche collective de la meilleure solution écologique, socialement juste et solidaire, de collecte des déchets.

Passage en régie dans toutes les communes de la métropole (à commencer par Rezé).

Nos autres propositions :

  • Favoriser la récupération d’eau de pluie dans les bâtiments publics et chez les particuliers.
  • Développer le tri dans les poubelles publiques.
  • Mettre en place une récupération des déchets organiques dans les écoles (poulaillers et composteurs), établissements publics et chez les ménages (obligation légale en 2025).
  • Exposition pédagogique grand public sur la vérité des filières de déchets, comme l’incinération (pollution atmosphérique et déchets ultimes).
  • Aides métropolitaines pour les travaux de désamiantage des particuliers.

Conclusion

Globalement, l’innovation technologique ne peut nous dédouaner de modifier, parfois profondément, certains de nos comportements individuels et collectifs.

Nous avons à prendre collectivement conscience de cette nécessité, et, dans cette perspective, nous proposons de transformer la Maison du développement durable en Maison de l’urgence environnementale, écologique et climatique. Investie d’un réel pouvoir, elle intensifiera les conseils aux particuliers, avec des différents niveaux d’ateliers : lieu de propositions citoyennes mais aussi lieu de décisions. Elle devra entretenir de forts liens avec les Rezéennes et Rezéens, et sans doute devenir itinérante pour être au plus proche des habitantes et des habitants.

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Urbanisme, logement et déplacements

Attractivité : une notion ambiguë et en partie attaquable

Rezé comptait environ 8 000 habitantes et habitants au début du xxe siècle. Sa population a doublé au sortir de la Seconde Guerre mondiale, puis elle a crû très fortement pour atteindre 33 000 Rezéennes et Rezéens en 1968, puis 35 000 en 1975. Après une légère baisse dans les années 1980 (33 000 habitantes et habitants en 1990), elle s’est remise à augmenter lentement (en moyenne + 260 habitantes et habitants par an entre 1990 et 2014), pour atteindre 39 500 personnes à la fin de 2014. Les années 2015 et 2016 ont vu une forte accélération, avec en particulier un gain très important de plus de 1 000 habitantes et habitants pour la seule année 2016, pour atteindre plus de 41 400 au 1er janvier 2017.

Le gain de 2015 et 2016 est dû essentiellement au solde migratoire, car le solde naturel n’évolue pas significativement à Rezé : il oscille, selon les années, entre 140 et 210 habitantes et habitants supplémentaires par an depuis au moins 2005 (+ 150 en 2017). Il est donc exact d’affirmer que Rezé est « attractive ».

« Attractivité » est un mot piège. En effet, les discours sont ambigus, le flou est entretenu entre deux sens du mot :

  • sens 1 : attractif = « avec une bonne qualité de vie »,
  • sens 2 : attractif = « avec un solde migratoire (fortement) positif ».

Tout le monde souscrit au sens 1, ce qui évite d’ouvrir le débat sur le sens 2.

Or, l’attractivité au sens 2 est bien choisie et voulue par les élues et élus en place. Ce choix conditionne profondément toutes les politiques, et notamment celles de l’urbanisme et des déplacements.

Le choix de l’attractivité est un choix politique fondamental. Le problème est qu’il a été fait sans consultation des citoyennes et des citoyens (ni même de la plupart des élues et des élus municipaux et communautaires), et même en leur mentant en affirmant lors de l’élaboration du PLU en 2015 que le solde naturel représentera plus de 80 % de l’accroissement démographique à venir, ce qui est totalement faux.

Il s’agit d’un déni démocratique grave, que nous dénonçons inlassablement.

La forte augmentation de population pose de lourds problèmes dans une ville et une métropole déjà très urbanisées, en particulier : la pression sur les espaces encore disponibles pour construire de nouveaux logements, et l’encombrement toujours plus important de la circulation. Sans compter que cette attractivité s’exerce auprès des populations aisées, alors que les moins favorisés sont rejetés en 2e et 3e couronne. À une échelle plus globale, l’attractivité de la commune, du département, de la région, se fait au détriment d’autres régions.

Voilà pourquoi nous ne prônons pas l’attractivité… au sens 2.

En résumé : une ville avec une bonne qualité de vie : OUI ; une ville dont la population augmente fortement : NON.

Une fois ce principe posé, nos propositions en matière d’urbanisme et de déplacements ont pour objectif non seulement de gérer la situation, mais aussi de l’orienter dans un sens plus favorable.

Pour commencer, nos propositions concrètes pour atteindre une moindre augmentation de population :

Faire cesser tout « marketing territorial » qui consiste, via la presse, les réseaux sociaux, la publicité ciblée, et tout un tas d’autres moyens d’influence d’opinion, à inciter les habitantes et les habitants de la France entière à venir habiter à Nantes Métropole (ou en Loire-Atlantique, ou en Pays de la Loire). Nous réorienterons ces énormes budgets de communication vers d’autres priorités.

Réviser les documents de planification – Schéma de cohérence territoriale (ScoT), Plan local d’urbanisme métropolitain (PLUm), Programme local de l’habitat (PLH) en choisissant les scénarios bas parmi les projections d’augmentation de population proposées par l’INSEE. En effet, en matière de démographie (comme dans d’autres domaines), les prévisions sont en bonne partie autoréalisatrice.

Décroissance urbaine et solidarité territoriale

L’attractivité de la commune, de la métropole, du département, de la région, se fait au détriment d’autres territoires qui sont vidés de leur dynamisme par cette concurrence inégale.

On sait le déficit médical, culturel, économique, qui touche la ruralité, et aussi les villes moyennes, désertées par les populations jeunes, aux commerces et volets baissés.

Le marketing métropolitain (communication, tourisme spectaculaire, concurrence inter-universitaire ou économique) suit le modèle de l’entreprise, et plus généralement celui du capitalisme néolibéral, qui veut faire de chacune et chacun le concurrent de chacune et chacun, et a pour projet d’étendre ce mode de fonctionnement concurrentiel à l’ensemble de la société, au détriment de l’intérêt collectif.

Nous refusons d’appliquer ce modèle à la commune.

Nous revendiquons de ne pas être des élues et élus « managers ».

Par ailleurs, la ville en croissance continue pose de lourds problèmes écologiques (consommation de ressources, concentrations de pollutions…) et démocratiques (éloignement de la décision des citoyennes et citoyens, qui deviennent de simples usagères et usagers, puis des consommatrices et consommateurs).

Nous nous prononçons donc pour l’arrêt de la croissance urbaine, et pour la solidarité territoriale, pour une collectivité locale résolument défendue comme « un commun » au service des habitantes et des habitants d’ici et d’ailleurs.

Nous militons pour la ruralité et une urbanité solidaire.

Dans la recherche d’une solidarité territoriale active, nous créerons un jumelage de la ville de Rezé avec un ensemble de communes françaises, rurales ou villes moyennes en déclin, qui ont choisi de se battre pour défendre leur territoire contre la désertification, pour le maintien des services de base, pour le développement de leur économie.

Ce jumelage pourra concerner l’éducation (connaissance mutuelle des territoires, séjour de jeunes…), la culture (transferts de spectacles, manifestations communes…), l’économie (soutien à la conversion écologique et durable de l’agriculture, résidences d’artisans croisées, territoire « zéro chômage », etc.).

Pour un commerce plus proche et plus humain

Le modèle commercial qui s’est imposé ces cinquante dernières années est celui des hypermarchés et des zones commerciales, qui concentrent de nombreuses enseignes sur un petit nombre de très grandes surfaces.

Notre agglomération et notre commune ont particulièrement bien suivi ce modèle.

Pour Rezé en témoignent l’agrandissement en cours du Super U ou la création de l’immense zone commerciale de la Brosse à côté du nouveau Marché d’intérêt national (MIN).

Ce type de commerce pose de lourds problèmes en matière de déplacements motorisés, de consommation foncière, de paysage, de déshumanisation des relations, et d’emploi.

À rebours de ce modèle, nous affirmons la nécessité du soutien au commerce de proximité, à l’artisanat et aux petites entreprises du service, dans une perspective de consommation de proximité, de promotion d’emplois, de qualité du cadre de vie, et d’une vie sociale plus riche.

Le Schéma directeur d’urbanisme commercial (SDUC), équivalent du Plan local d’urbanisme (PLU) pour le commerce, dans sa version adoptée en 2012, prévoit la réalisation de 60 000 m2 de surface supplémentaire pour le développement des grands centres commerciaux, en extension sans nouvelles créations. Il projette aussi 26 000 m2 en plus pour « l’offre de proximité » (supérettes et supermarchés à proximité des centres), mais il s’agit de favoriser des enseignes moyennes qui restent aux mains des géants de la distribution.

Enfin, le SDUC prévoit 50 000 m2 en plus de commerces « diffus », qui correspondent au modèle que nous prônons… mais malheureusement ces surfaces sont réservées au centre-ville de… Nantes !

Ce SDUC, que nous désapprouvons bien sûr, a été adopté y compris avec le vote favorable des élus métropolitains de Rezé en juillet 2012.

Nous demanderons à la Métropole la révision du SDUC pour poser le principe non seulement d’arrêt de l’extension, mais la réduction des surfaces consacrées aux moyennes et grandes surfaces et aux zones commerciales dans l’agglomération en général, et à Rezé en particulier, et l’augmentation des surfaces autorisées pour les petits commerces de proximité diffus

Nos autres propositions :

  • Nous réviserons le PLU pour augmenter les possibilités d’implanter des commerces de proximité pour toutes et tous, dans tous les quartiers : chaque Rezéenne et Rezéen doit pouvoir trouver un petit commerce du quotidien (boulangerie, épicerie, boucherie, droguerie, garage, réparateur d’électroménager, boutique de vêtements, librairie, etc.) à une distance accessible à pied de son domicile .
  • À la Commission départementale d’aménagement commercial (CDAC), instance chargée de statuer sur les demandes d’autorisation commerciale ou cinématographique, et à laquelle siège le maire de la commune d’implantation, nous nous opposerons systématiquement à toute augmentation de grande ou moyenne surface commerciale sur la commune .
  • Nous nous opposerons, comme nous l’avons fait dans les mandats passés, à toute ouverture commerciale le dimanche.

Logement

Depuis quelques décennies, la croissance de la ville n’a pas été menée avec les mêmes préoccupations égalitaires que celles de l’après-guerre. Les dernières mandatures, sous l’influence de la montée de l’individualisme et du consumérisme, ont préféré s’en remettre au système capitaliste. La conséquence est que, hors opérations des bailleurs sociaux, toute la promotion immobilière est aujourd’hui réalisée par le privé, avec les logiques du privé, c’est-à-dire de profit. La collectivité a ainsi de faibles capacités de décision sur la politique de logement. Nous affirmons que ceci n’est pas une fatalité.

On impose certes aux promoteurs 30 % de logements sociaux (qui bénéficient de nombreuses aides publiques), mais les 70 % restant doivent être vendus suffisamment cher pour rentabiliser les opérations. Il y a alors convergence d’intérêt à attirer des populations riches entre le privé qui trouve des acheteurs, et la collectivité qui voit d’un bon œil l’accroissement de son « potentiel fiscal ». Mais c’est, pour la collectivité, de la courte vue, car cela se fait au détriment de l’intérêt social global.

Par ailleurs, en matière de logement, on nous dit : « Il faut bien construire de nouveaux logements pour accueillir les habitantes et les habitants nouvellement arrivés ».

C’est oublier un peu vite la question de l’œuf et de la poule : c’est aussi en construisant plus de logements que l’on attire de nouvelles populations (analogie avec la voiture : plus de voiries = plus de voitures). Pour attirer des populations, il y a bien, depuis quelques années, une surproduction de logements, preuve en est le triplement des résidences secondaires et le doublement des logements vacants à Rezé entre 2006 et 2016.

De plus, l’explosion des prix de l’immobilier montre que l’argument très courant selon lequel un fort niveau de construction permet de modérer les prix est faux.

Nous prônons donc, pour Rezé et la métropole, une production de logement plus modérée, correspondant tout juste aux besoins.

Les objectifs de construction de nouveaux logements sociaux du Plan de développement urbain sont, eux, insuffisants, car ils ne permettront pas tout à fait d’atteindre le taux légal de 25 % en 2025, et de toute façon, ce taux de 25 % est trop bas au vu de l’évolution comparée des prix de l’immobilier du secteur privé et des revenus des ménages.

Nous ne sommes pas contre la densification en soi : lutter contre l’étalement urbain est une préoccupation importante, afin d’éviter de consommer des terres agricoles ou naturelles et d’étendre exagérément les distances des déplacements et le réseau de transports en commun.

En revanche nous sommes contre la surdensification qui consiste à réaliser de grandes opérations (très) denses dans des zones jusque-là non habitées (à Rezé : ZAC des Îles, Jaguère, future ZAC de Praud). Ces grands ensembles denses ont plusieurs défauts :

  • construits en quelques années sur des surfaces initialement vierges, contrairement à des centres urbains historiques, ils créent une forme de ville aseptisée, trop peu « vivante » (lieux de vie et de rencontre éprouvés au quotidien…), difficile à s’approprier pour les populations qui arrivent là d’un seul coup ;
  • ils concentrent les populations en difficulté sociale ;
  • ils artificialisent les derniers espaces vierges de la commune ;
  • ils peinent à bien anticiper tous les services nécessaires à la vie quotidienne : services et équipements publics – école, crèche, culture et loisirs – et tertiaires.

Ces grandes opérations, actuelles ou à venir, sont la conséquence d’une orientation politique fondamentale de la majorité actuelle, qui a décidé de ne pas densifier les zones déjà habitées du pavillonnaire, très peu dense, qui couvre 64 % du total des surfaces habitables de la commune. Nous remettons en cause cette orientation. Nous comprenons la difficulté des habitantes et des habitants du pavillonnaire à voir leur environnement évoluer, mais nous soulignons que cette évolution sera douce et progressive si toutes les zones pavillonnaires sont mises à contribution, et si les nouvelles opérations sont réalisées démocratiquement (voir propositions détaillées ci-dessous).
Par ailleurs, par une attention renforcée à la qualité des logements et de leurs abords, nous voulons faire en sorte que toutes les habitantes et tous les habitants s’y installent et y restent par choix, et non pas par défaut (pour des raisons financières notamment). La Charte de l’habitat révisée, adoptée fin 2019, même si elle a apporté du mieux, n’est pas encore assez ambitieuse ni précise pour garantir une qualité optimale des logements. De plus, cette Charte n’est pas juridiquement contraignante. Et quoi qu’il en soit, confier la réalisation des constructions aux promoteurs augmente les chances d’une mauvaise qualité : ils ont intérêt à produire des bâtiments et des espaces obsolescents, car c’est cela qui assure leur business à venir : l’obsolescence implique destruction et reconstruction.

Enfin, la question de l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite est pour nous cruciale.
Nous mettrons donc en œuvre une politique du logement raisonnablement dense, démocratique, maîtrisée, et qualitative et inclusive.

Nos mesures concrètes pour ce faire :

Pour une urbanisation raisonnablement dense

Nous demanderons la révision du PLH (Programme local de l’habitat) de la Métropole pour que soit revu à la baisse le nombre de logements totaux, en lien avec la réalité fine des besoins (incluant une analyse poussée de la décohabitation), et l’objectif démographique revu à la baisse.
Pour les nouvelles opérations, nous fixerons un seuil maximal de densité. En première approche, les seuils suivants sont proposés :

Taille de l’opération (emprise au sol)< 1ha1 à 5 ha5 à 10 ha10 ha
Densité maximale (logements/ha)80605045

Ces seuils seront à affiner à la suite de discussions avec les habitantes et les habitants de retours d’expérience.

Nous demanderons la révision du PLUm pour intégrer ces seuils.

Le seuil de 45 logements par hectare s’appliquera à la ZAC des Îles (> 10 ha), pour laquelle nous demanderons à la Métropole la révision du programme afin de diminuer de moitié la densité actuellement prévue (90 logements par hectare sur 24 ha, pour presque 7 000 nouvelles habitantes et nouveaux habitants). Ce positionnement, certes radical, est justifié par la place de la nature dans cette future ZAC, ainsi que par l’encombrement futur de la route de Pornic et du pont des Trois-Continents, malgré les baisses de « part modale » de la voiture (c’est-à-dire la proportion de déplacements faits en voiture par rapport au nombre total de déplacements).

Pour optimiser les surfaces des logements déjà existants, nous renforcerons sensiblement deux actions qui sont déjà menées par la Ville et la Métropole : favoriser l’habitat partagé et évolutif, et accompagner les parcours résidentiels des ménages pour améliorer l’adaptation des logements à leurs occupants.

Pour une urbanisation démocratique

Pour toute nouvelle opération d’urbanisme, nous consulterons la population :
Le plus souvent, les « concertations » se limitent à une « information » – dans un large périmètre sur les objectifs en nombre et en surface de nouveaux logements ou de nouvelles activités, et sur la façon de les répartir géographiquement : très forte densité localisée, ou densité plus moyenne mais sur une plus grande étendue
La consultation que nous proposerons sera sincère (plusieurs scénarios réellement ouverts au départ) et suffisamment bien menée (durée, modalités de consultation) pour que l’avis de la population, dans sa diversité, puisse réellement être pris en compte.

Pour une urbanisation maîtrisée

Nous souhaitons ne plus laisser le champ libre à la promotion privée, et viser une maîtrise des prix de la construction.

  • Nous engagerons un audit des marges des promoteurs privés et des sociétés de BTP (bâtiments et travaux publics) et de VRD (voiries et réseaux divers), nous rendrons publics ses résultats.
  • Nous demanderons la révision du Programme local de l’habitat (PLH) pour que soit revue à la hausse la part de logements sociaux, de manière à atteindre effectivement 25 % en 2025, mais aussi 30 % en 2030. (Calcul honnête à l’appui, et sans compter les logements vendus mais qui comptent actuellement dans le calcul Solidarité et renouvellement urbain (SRU.))
  • Nous mettrons en place l’encadrement des loyers, et faciliterons la réquisition de certains logements vacants (qui sont au nombre de 17 500 dans la métropole).
  • Nous mettrons progressivement en place une maîtrise d’ouvrage (inter-) communale des opérations. Pour cela, nous ferons évoluer le service Urbanisme de la ville de Rezé pour que des opérations de promotion immobilière puissent se réaliser en régie, municipale voire métropolitaine, sans avoir recours à la délégation ou aux partenariats avec le privé.

Nos autres propositions

Nous renforcerons la maîtrise du foncier par la Ville, par tous les outils à disposition (droit de préemption, agence foncière). Mais nous allons plus loin et nous remettons en cause la pratique de la vente systématique aux promoteurs des terrains ainsi acquis : nous rechercherons les moyens de les garder en propriété publique, avec une simple mise à disposition aux occupants via un système de bail très longue durée pour empêcher la spéculation foncière sans pour autant léser les occupants.

Pour le renouvellement urbain, nous refuserons les opérations de prestige (qui favorisent la gentrification), par l’introduction d’un nouveau critère de conception ou de sélection des projets : les logements construits doivent pouvoir être, à l’achat, financièrement accessibles aux personnes qui vivaient là précédemment (durée d’emprunt et taux d’endettement raisonnables pour un pouvoir d’achat en moyenne équivalent).

Pour atteindre ces objectifs ambitieux de logements sociaux, on pourra compter sur la construction neuve avec une part plus importante, mais aussi, beaucoup plus qu’aujourd’hui, sur la conversion du parc locatif privé existant : renforcement très important des moyens budgétaires (fonctionnement pour l’animation et l’humain, et investissement pour les aides) des dispositifs existant en ce sens à la Métropole, en lien avec l’Agence nationale d’amélioration de l’habitat (ANAH).

Pour une urbanisation qualitative et inclusive

Nous affinerons, par un guide technique, les critères permettant de s’assurer :

  • d’une qualité optimale des logements : confort thermique, sonore, lumineux, qualité de l’air, matériaux sains, durabilité de la construction ;
  • de la qualité des abords : espaces publics agréables et pensés pour toutes les populations, confort des espaces publics en toute saison (ombre/soleil), place de la nature, qualité et proximité des services (services publics, commerces) ;
  • de l’adaptation de l’urbanisme aux changements climatiques à venir : inondations (hausse du niveau de la mer et pluviométries extrêmes), canicules, etc. ;
  • de la qualité des dessertes collectives, piétonnes et cyclables, et des liaisons avec les autres quartiers ;
  • de l’accessibilité du bâti et des espaces publics : 100 % de logements neufs accessibles, cahier des charges élaboré en lien avec les associations et des représentants des personnes handicapées.
  • ces critères s’appliqueront bien évidemment aux opérations menées en régie (inter-) communale, et serviront de base pour les cahiers des charges s’appliquant aux opérations des bailleurs sociaux et des promoteurs privés. Et ce, de manière égale pour tous les logements (sociaux ou pas).

Concernant l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite : aide à l’adaptation des logements existants dans le parc privé, participation à la gestion de la demande et des attributions (représentation et définition de priorités dans le cadre du Plans Partenarial de la Gestion de la Demande et d’Information aux Demandeurs (PPGDID) et de la Conférence Intercommunale du Logement (CIL) de Nantes Métropole.
Concernant la qualité énergétique des logements et des bâtiments municipaux, se reporter à la partie « Urgence écologique ».

Déplacements

La compétence des transports publics n’est pas du ressort communal. Elle relève de l’État (trains nationaux), de la Région (trains régionaux et cars interurbains) et de Nantes Métropole (mobilités urbaines : transports en commun et modes « actifs », vélo, etc.).

Pour autant, il appartient à la Ville de porter politiquement, et concrètement quand elle le peut, cette question en lien avec ses orientations politiques dans tous les domaines (sociaux, environnementaux, aménagement).

Malgré de timides progrès récents, la place de la voiture dans la commune et la métropole est encore beaucoup trop importante, eu égard notamment à la faible distance des déplacements : encore 54 % des déplacements et 76 % des kilomètres se font en voiture ; le déplacement moyen en voiture est de moins de 8 km (source : Enquête Déplacements Grand Territoire – EDGT 2015).

Nous prônons une réduction encore plus importante de la circulation automobile. L’objectif chiffré visé par le nouveau Plan de déplacement urbain (PDU) de 2018, à savoir 41 % en 2030, est assez ambitieux pour nous s’il est considéré comme un palier vers un niveau beaucoup plus faible pour 2040. Nous estimons en revanche que les mesures proposées ne le sont, elles, pas assez, pour espérer atteindre cet objectif. Ce décalage entre ambitions et mesures s’est déjà soldé par la non-atteinte des objectifs dans les PDU précédents.

Concernant les déplacements longue distance, la hausse continuelle de l’usage de l’avion, à la faveur notamment de l’explosion des vols à bas coût (cf. partie « urgence écologique »), doit absolument être contrée.

On entend souvent : « Tous les modes de déplacements sont utiles, il ne faut pas les opposer. » Et bien nous, nous affirmons le contraire : pour atteindre les objectifs souhaitables et mêmes indispensables au bien-être et à la santé humaine, il faut opposer les modes, c’est-à-dire agir sur deux fronts : contraindre la voiture et l’aérien et favoriser les solutions de remplacement, notamment celles au plus fort potentiel de progression et les moins coûteuses.

Contraindre la voiture

Il ne s’agit pas de faire totalement disparaître la voiture des villes ni de nier que certaines personnes sont contraintes de s’en servir. Nous constatons que, dans la métropole, encore 24 % des déplacements de moins de 1 km se font en voiture (source : EDGT), alors que cette distance est très facile à couvrir à pied pour la plupart des personnes, et 45 % des déplacements de moins de 5 km, alors que cette distance est banale à vélo.
En restreignant fortement la voiture pour les petites distances, on rend au contraire, en fluidifiant le trafic, son usage bien plus facile pour les usagères et les usagers contraints à l’utiliser ou les trajets de moyenne distance.
Pour contraindre la voiture pour les courtes distances, il y a plusieurs leviers :

  • la rendre moins pratique que les autres modes, ce qui peut passer par la rendre moins rapide en complexifiant le stationnement, en modifiant les sens de circulation pour obliger à des détours, ou en multipliant les zones à très faible vitesse (20 voire 10 km/h). À noter qu’à 30 km/h, le temps perdu pour les voitures n’est pas significatif. Nous sommes pour une généralisation de la limitation à 30 km/h pour toutes les rues de Rezé, mais pour d’autres raisons : sécurisation, et facilitation de la pratique du vélo (voir mesure phare partie 3.4.4.)
  • la rendre plus coûteuse que les autres modes : renchérissement du stationnement pour les non-riveraines et riverains, péage urbain, baisse du coût des transports en commun.
  • lui interdire l’accès à certaines parties de la ville – sauf bien évidemment pour les riveraines et riverains et certaines catégories d’usages ou de desserte – par l’institution de Zones à trafic limité (ZTL) comme le boulevard des Cinquante-Otages à Nantes.

Tant que les transports urbains pour les personnes à mobilité réduite ne seront pas plus développés, ces contraintes et surcoûts ne doivent pas leur être appliqués.

Parkings périphériques

De manière à réduire l’accès et l’usage des voitures dans l’agglomération dense, nous projetons des parkings importants en périphérie de la zone urbaine. Ils seront judicieusement placés et dimensionnés. Leur articulation avec les modes de transport adaptés à la densité urbaine (transports en commun et vélo) sera particulièrement soignée, de manière à inciter des habitantes et habitants de périphérie à y laisser leur voiture pour la journée de travail ou les sorties en ville (principe des parkings relais). Ils favoriseront notamment le covoiturage extra-urbain.

Ils seront également suffisamment sécurisés (surveillance en continu) pour permettre à des habitantes et habitants de Rezé et des autres communes de laisser leur voiture à la périphérie de la ville plusieurs jours d’affilée, voire quasiment en permanence s’ils le souhaitent. Ceci a pour objectif de libérer des places de stationnement en centre urbain, en proposant une alternative gratuite ou à très bas coût aux personnes qui ont un usage peu fréquent de leur voiture (vacances et week-end par exemple).

Notons que la baisse très importante du trafic aérien que nous visons (voir parties 2.2 et 3.4.5.), couplée à l’amélioration de la desserte de l’aéroport de Nantes-Atlantique (voir partie 3.4.3.), engendreront une réduction importante des besoins de stationnement pour les usagères et usagers de la zone aéroportuaire (voyageuses, voyageurs, travailleuses et travailleurs). Cela libèrera des emprises qui pourront être utilisées pour l’un des parkings périphériques que nous venons de décrire.

Tous ces parkings périphériques seront sous gestion publique, sans délégation de construction ou d’exploitation au privé, n’en déplaise notamment à Vinci, actuel exploitant des parkings de l’aéroport.

Les transports en commun

Ils représentent aujourd’hui 15 % de part modale, chiffre à peu près constant depuis 20 ans, et voué à le rester selon les projections du Plan de déplacement urbain.

Ils sont certes pratiques, mais coûtent cher à la collectivité métropolitaine, 300 millions d’euros par an environ (ordre de grandeur 2018), en investissement (100 M€) comme en fonctionnement (200 M€). Leur coût est partagé entre les usagères et usagers (un peu moins d’1/4), les entreprises (un peu moins de la moitié), et les contribuables (presque 1/3e).

Ils sont aujourd’hui essentiellement centralisés en étoile à partir du centre de la métropole, et donc très peu performants de périphérie à périphérie.

En 2014, nous prônions déjà la mise en place de la gratuité des transports collectifs à l’échelle de l’agglomération.

Les gains attendus sont environnementaux (baisse de la voiture et donc de la pollution et des consommations de ressources, amélioration du cadre de vie), sociaux (baisse du budget transport, possibilité dans certains cas de réduire le nombre de véhicules par famille, amélioration – par la disparition des missions de contrôle des titres de transport – des conditions de travail et de la reconnaissance des agents du service public), et sociétaux (revalorisation du service public).

Les transports en commun à prix libre : Nous faisons évoluer notre proposition de 2014, et proposons non plus la simple gratuité, mais le prix libre des transports en commun : chacune, chacun pourra prendre les bus et tram librement, sans contrôles, mais en payant, selon son choix, au coup par coup (bornes carte bleue, apport en liquide ou chèque dans des points d’accueil) ou par prélèvement régulier.
Cette approche vise à responsabiliser les usagères et usagers sur le fait que rien n’est gratuit, que les transports collectifs sont un service coûteux (un trajet de passager revient actuellement en moyenne à 2 € à la collectivité), et qu’ils sont donc un bien commun auquel chacune, chacun contribue : les contribuables (qu’ils les utilisent ou non), les entreprises (qui en bénéficient pour leurs employés et leurs visiteurs)… et les usagères et usagers. L’objectif est de faire passer certaines usagères et certains usagers d’une posture de consommation à une posture de citoyenne et citoyen.
Chacune, chacun participera à hauteur de ses moyens et en fonction de sa conscience, et pourra donc choisir la gratuité effective (en ne payant pas du tout), ou un paiement, symbolique ou pas.
Un système de comptage précis et régulier de la fréquentation sera maintenu.
Une communication importante sera développée pour informer la population des effets du passage au prix libre sur la fréquentation, sur les reports sur d’autres moyens de transport, sur l’évolution du coût du service pour la collectivité et sur le prix de revient du voyage unitaire.

Nous ne mésestimons pas l’aspect budgétaire de cette mesure : il y aura probablement une baisse des recettes de billetterie, moindre que la gratuité totale (qui coûterait environ 70 millions d’euros par an), mais d’un montant difficile cependant à quantifier à ce stade, tant notre proposition est inédite.

Il n’est pas question pour nous de financer la mesure par la publicité, ou par des « partenariats » avec le privé. Les budgets nécessaires viendront donc conjointement d’une augmentation du financement public par Nantes Métropole, et d’une contribution des employeurs, non pas par le « versement transport » des entreprises (qui est déjà au maximum légal), mais par une réaffectation des budgets aujourd’hui alloués à leur participation aux abonnements de transports en commun.

Nous ne mésestimons pas non plus les effets pervers possibles de la gratuité (et donc du prix libre) qui, dans certaines villes où elle a été mise en place, a vu une hausse de la fréquentation non pas au détriment de la voiture – ce qui est pourtant le but initial –, mais au détriment de la marche et du vélo.

Pour éviter cet effet pervers, nous insistons sur le fait que notre proposition de transports en commun à prix libre s’inscrit dans un panel plus général de propositions, où la marche et le vélo doivent rester les modes privilégiés à développer pour la majorité des déplacements (voir partie 3.4.4), et où la voiture sera fortement contrainte (partie 3.4.1.)

Nos autres propositions :

  • Busway plutôt que tramway : nous remettons en cause du choix du tramway pour les nouvelles lignes structurantes de transports en commun. Le tramway permet certes un grand débit de passagers, mais il souffre de gros défauts : coût très élevé et tracé quasiment immuable une fois réalisé.
  • En particulier, nous refusons le projet de tramway prévu pour desservir Rezé depuis le quai de la Fosse via l’île de Nantes, essentiellement pour des raisons de coût (l’investissement coûterait au moins 10 ans d’équivalent gratuité).
  • Nous proposons comme alternative des bus à haut niveau de service : des véhicules biarticulés en site propre et avec une forte fréquence permettent une capacité (débit de passagers) de pointe s’approchant du tramway, avec des inconvénients fortement amoindris. Leurs voies en site propre, sans rails, permettent également une cohabitation plus simple et plus sûre avec les vélos. Un plus grand nombre de lignes, et plus adaptatives, permettra de compenser le moindre débit.
  • Des bus hybrides gaz naturel (méthane), déjà en service dans de nombreuses grandes villes d’Europe, permettent de réduire significativement la pollution atmosphérique locale. Ils sont en effet bien moins polluants que leurs homologues au gazole. La technologie est éprouvée, particulièrement à Nantes Métropole où 100 % des bus classiques roulent au gaz naturel. De plus, le gaz naturel, aujourd’hui essentiellement d’origine fossile, pourra demain être majoritairement, voire intégralement, d’origine renouvelable (méthanisation ou gazéification des déchets organiques, et transformation de l’électricité renouvelable en hydrogène puis méthane).
  • Nous rejetons en revanche la technologie des bus électriques, récemment choisis par Nantes Métropole pour la ligne 4. Ce choix a été fait manifestement pour des raisons d’image et de communication « verte », mais ses coûts d’investissement et de fonctionnement sont rédhibitoires, et la fiabilité dans le temps encore sujette à doutes. De plus, l’électricité en France est encore loin d’être intégralement « verte » (75 % de nucléaire, peut-être 50 % en 2035, mais pas d’abandon à l’horizon, malheureusement).
  • L’investissement dans les véhicules (bus et trams) se fera avec le souci permanent de la réduction des coûts : pas d’investissement de communication via des innovations « peinture verte » (bus électriques) ou des véhicules personnalisés pour le prestige et l’image.
Augmenter la « praticité » des transports en commun
  • Améliorer les correspondances (horaires, information…), physiquement (et pas seulement via des outils numériques).
  • Veiller à la décentralisation du maillage du réseau (liaisons inter-périphéries sans passer par le centre) et à son adaptation à l’évolution urbanistique de la ville (exemple : nouvelles zones d’habitat au sud-est de la commune).
  • Prolonger la ligne 2 du tram (terminus Pont-Rousseau) jusqu’aux Sorinières par un Busway en étudiant les voies utilisées – la ligne C4 n’est pas assez rapide malgré sa mise en Chronobus, donc pas attractive.
Transport en commun pour des publics cibles

Les transports en commun sont aujourd’hui conçus pour le plus grand nombre, c’est-à-dire les populations actives, plutôt jeunes, en bonne santé, et avec une vie sociale diversifiée. Nous proposons d’adapter certaines offres pour d’autres populations :

  • personnes âgées qui se rendent aux marchés de la ville, sur le même modèle que les transports scolaires. Ce type de transport permettrait de préserver leur mobilité sans avoir recours à l’auto, et de créer et maintenir du lien social.
  • étudiantes et étudiants, familles isolées/monoparentales, non-actifs (par choix ou contraints), sans domicile fixe.
  • étudier sérieusement la possibilité de mettre en place des petites boucles locales, fréquentes, aux heures et lieux adaptés aux petits trajets du quotidien (exemple mairie → poste → marché → mairie, etc.).
L’accès à l’aéroport de Nantes-Atlantique

Nous soulignons depuis longtemps la nécessité d’améliorer très sensiblement l’accès à l’aéroport par les transports en commun, pas seulement pour les voyageurs aériens, mais aussi pour les milliers de travailleuses et de travailleurs quotidiens de la zone aéroportuaire.

Nous avons aussi souligné qu’une desserte cadencée via la liaison ferroviaire nécessitait des travaux très lourds (doublement des voies).

Enfin, nous nous positionnons plutôt contre les travaux de développement du tramway, coûteux (notamment le franchissement du périphérique depuis la Neustrie) et non réversibles.

Sur ces bases, nos propositions pour la desserte de l’aéroport sont :

  • À très court terme, améliorer la desserte via la ligne 98 (qui pourrait avoir 2 terminus alternés : Saint-Aignan ou l’aéroport).
  • Dès que possible, mettre en place un bus à haut niveau de service, avec des horaires et des cadences adaptés à la fois aux travailleuses, aux travailleurs aux usagères et aux usagers de l’aéroport, et un bon traitement des intermodalités (voiture-bus : parking relais, tram-bus : changement confortable et performant à Neustrie).
  • À long terme, nous appelons de nos vœux la décroissance importante du trafic aérien, avec des propositions concrètes en ce sens (voir partie « écologie »). Il est prématuré de dire aujourd’hui quels impacts ces propositions, et d’autres paramètres externes (crises environnementales et sociales notamment), auront sur le trafic aérien d’ici à dix ans, et donc sur les besoins de desserte.

Les modes actifs : vélo et marche

Le vélo est aujourd’hui sous-exploité : son potentiel est énorme. L’objectif du Plan de développement urbain (PDU) – un triplement de la part modale (de 4 % aujourd’hui à 12 % en 2030) – ne doit être vu que comme un intermédiaire, puisqu’une part modale de 30 %, voire 40 %, comme certaines villes néerlandaises ou danoises, est envisageable.

Il reste énormément à faire pour mettre en place un « système vélo » qui combine aménagements, modification des règles de voirie, services, et évolutions culturelles dans le respect de la sécurité des piétons, notamment sur les voies partagées vélos/piétons.

Nombreuses sont les personnes qui se déplacent à pied ; la marche détente ou sportive connaît un réel regain, à portée de toutes et tous et fortement conseillée. Ces déplacements doivent pouvoir se faire sans crainte et en toute sécurité, particulièrement pour les personnes âgées, les personnes à mobilité réduite, les enfants et les parents se déplaçant avec une poussette.

Nos propositions :

  • Nous mettrons en place un « code de la rue » visant à organiser les partages de voirie avec des priorités de sécurité (du plus faible au plus fort).
  • Nous organiserons sur Rezé un ambitieux réseau de liaisons douces (vélos et piétons) en reliant les pôles de vie (école, commerces, centres administratifs, etc.), d’activité (zones d’emploi) et points d’accès transports. Les liaisons seront réellement continues, conçues pour une très bonne cohabitation piétons/cycles, les plus sécurisées possibles (aménagements, signalétique, en site propre lorsque possible), et les plus directes possibles. Ces impératifs pourront nécessiter dans certains cas des aménagements importants ; exemple : franchissement souterrain de la route de Pornic pour relier Trentemoult à la Jaguère. Développer des équipements de stationnement de qualité (couverts, sécurisés…), et des services (points réparation, informations, points d’eau…) pour les vélos aux principaux nœuds et zones d’intermodalité de ce réseau.
  • Nous nous donnerons les moyens d’aménagements cyclables bien conçus : intégrer des cyclistes dans les équipes de conception, faire évaluer les aménagements par des tiers indépendants et compétents, avant, pendant, et après les réalisations, et bien sûr intégrer leurs préoccupations.

Mesure phare n° 1 : passer toute la ville à 30 km/h, et faire évoluer la hiérarchie voiture/vélos sur la voirie.
Avec le développement massif de la part modale cycliste que nous prônons, les aménagements que nous développerons, même nombreux et bien conçus, risquent d’être saturés. Une bonne solution pour minimiser ce problème à peu de frais est de généraliser la vitesse à 30 km/h, sur toutes les voies. Car une ou un cycliste entraîné avec un bon vélo peut facilement rouler à 30 km/h, et peut donc rouler au milieu de la chaussée, sans pouvoir être dépassé par les autos.
Cela désengorgera les aménagements cyclables pour des cyclistes moins rapides ou moins aguerris.

Il faudra accompagner cette mesure d’une communication de longue haleine permettant aux conducteurs automobiles d’intégrer progressivement le fait que les vélos, pourvu qu’ils roulent à 30 km/h, ont le droit de circuler au milieu de la chaussée et ne doivent pas être dépassés.

Mesure phare n° 2 : un réseau de modes actifs aussi visible que celui
des transports en commun.
Nous rendrons plus pratiques et visibles les circuits de déplacement doux ou « actifs » (marche, vélo). Il existe des chemins piétons et cyclistes pour couper à travers la ville, mais ils sont trop peu valorisés. Il faut les faire connaître par une meilleure cartographie, et une signalisation de terrain, notamment par l’élaboration de « lignes », piétonnes ou cyclistes, identifiées par un numéro et une couleur, et des terminus, comme des lignes de transports en commun. Ces lignes seront différenciées entre cycles et piétons.

Nous nous appuierons sur les écoles pour promouvoir la pratique du vélo dès le plus jeune âge : nous installerons des emplacements sécurisés pour les vélos dans toutes les écoles. Nous ferons évoluer les interventions « prévention routière », trop exclusivement axées sur la sécurité, vers une activité plus large de promotion des modes actifs. Nous accompagner de manière active et volontariste les écoles et leurs acteurs (enseignants, parents, personnels de la ville, éducation nationale) à mettre en place des actions pédagogiques sur les alternatives à la voiture.

Certaines Rezéennes et certains Rezéens souhaiteraient utiliser un vélo, mais n’osent pas par manque d’expérience, d’aisance dans cette pratique, de connaissance des règles et des voies cyclables.

Les initiations à la pratique du vélo, qui permettent à chacune et chacun, adulte, jeune ou enfant, de se sentir assez à l’aise pour circuler à vélo au quotidien dans leur ville, seront largement promues et développées.

 La Ville doit donner l’exemple en instituant l’indemnité kilométrique vélo pour ses agents (mesure immédiatement applicable), et en développant des parkings à vélos pratiques et accueillants sur tous ses sites (pour ses agents et les visiteurs).

Nous agirons au développement de l’embarquement des vélos à bord des transports collectifs. Il sert l’intermodalité, car il peut être utilisé par un public local non motorisé (jeunes, précaires, autres). De plus, cela ne sert pas seulement aux vélos, mais aussi aux personnes avec poussettes ou aux passagers à mobilité réduite. Nous insisterons donc auprès de la Métropole, pour que, à l’occasion du renouvellement des bus et des tramways, de meilleurs équipements soient prévus : emplacements polyvalents, plateformes abritées à l’arrière, etc.

Contraindre l’aérien, réhabiliter le train

En complément des mesures décrites en partie 2.2., nous agirons dans le sens d’une réhabilitation du train comme mode de déplacement privilégié pour les moyennes et longues distances.

Le train est une solution de déplacement écologique, et agréable à l’usage si l’intermodalité est facilitée autour des gares. Elle peut par ailleurs être peu coûteuse pour les usagères et les usagers si une volonté politique existe en ce sens. Son potentiel est malheureusement sous-exploité, en France comme dans l’agglomération nantaise.

L’agglomération nantaise a de grands atouts pour constituer une étoile ferroviaire majeure de l’ouest de la France. Rezé a la chance de disposer d’une gare encore en service, bien située et bien desservie par les transports collectifs et par les réseaux cyclables.

Nous travaillerons avec les Régions (TER) et l’État (SNCF, RFF) pour ce qui relève de leurs compétences réciproques, pour promouvoir et faciliter l’usage du train à Rezé et dans la métropole.

Actions transversales

Développer l’intermodalité

L’articulation entre parkings, bus, trains, trams, avions, vélos, piétons, covoiturage doit être réfléchie avec le souci d’égalité d’accès des citoyennes et des citoyens aux moyens de transports publics, quel que soit leur lieu d’habitation.

Actions de sensibilisation

Nous nous engageons à mener au plan local une campagne de sensibilisation et d’éducation en faveur des solutions de remplacement à la voiture particulière : donnons-nous les moyens, par l’éducation, d’atteindre les objectifs de l’ambitieux Plan de déplacements urbains (PDU) 2018-2027.
Par exemple le Plan local d’urbanisme métropolitain (PLUm) limite les places de stationnement selon le zonage des quartiers, mais les habitantes et les habitants ne changent pas leurs habitudes pour autant, ce qui entraîne des problèmes de stationnements insuffisants, de bouchons, de nuisance, notamment dans les nouveaux quartiers. L’action coercitive seule ne suffit pas, elle doit être associée à une éducation et une facilitation des modes alternatifs.
Nous créerons des instances locales d’échanges avec les populations sur leurs besoins et contraintes de transport, de manière à proposer les solutions de remplacement à la voiture les plus adaptées.
Une action d’encadrement des projets immobiliers doit permettre une prise en compte des modes de déplacements à venir :
Piétons = trottoirs larges, accessibles, bateaux aux normes.
Vélos = pistes cyclables en site propre, stationnements sécurisés.
Trottinettes, et autres nouveaux engins individuels de déplacements (gyro-roues, etc.)
Auto-partage : des stationnements réservés au cœur des quartiers ou des lotissements, un système de géolocalisation pour mieux disséminer les véhicules (actuellement concentrés au centre-ville).

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Programme 2020

Vous pouvez consulter ci-dessous notre programme pour les élections municipales et communautaires de 2020.

Programme 2014

Vous pouvez consulter ci-dessous le programme de Rezé à Gauche Toute pour la mandature 2014-2020.

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