Intervention de Rezé à Gauche Toute au conseil municipal du 5 février 2025.
2. Débat et rapport d’orientation budgétaire 2025
Nous abordons ce débat d’orientation budgétaire dans un contexte national particulièrement inquiétant et délétère. Le gouvernement Bayrou a prévu une réduction des dépenses publiques de l’ordre de 40 milliards, sans augmentation substantielle des recettes. Contrairement à cet automne, la ville de Rezé ne devrait plus être concernée par les économies faites sur la dotation globale de fonctionnement. Cependant, ces coupes dans les dépenses publiques ne seront pas sans conséquences pour la ville. D’autant plus qu’à chaque échelon, les collectivités coupent elles aussi dans leurs dépenses : la région, avec ses 80 millions d’économies dans la culture, le sport, mais aussi les missions locales ou le planning familial. Le département, qui se recentre sur ses compétences obligatoires, et réduit son soutien à de nombreux acteurs locaux, comme les écoles de Musique et de Danse.
La ville reste alors le dernier maillon, pour tenter de limiter les dégâts, et compenser comme elle le peut les diminutions drastiques des services publics. Nous le disons depuis de début, la libre administration des collectivités territoriales ne peut s’exercer que si elles en ont les moyens. Or, cette vision néo-libérale portée par messieurs Bayrou et Macron impose une austérité qui touche en premier lieu les plus fragiles, les plus précaires. Et ne nous y trompons pas, nous sommes tous touchés, individuellement et collectivement : qui, parmi nous, pourrait payer, de sa poche, les 7000 € annuels de scolarité par enfant, ou un traitement contre le cancer à plus de 50.000 € ? Les services publics sont le patrimoine de ceux qui n’en ont pas.
Aussi, à contre-courant de cette vision réactionnaire d’un Etat minimaliste, et de services publics étouffés pour laisser la place au privé, nous revendiquons le maintien de ce qui fait le sens et les valeurs de gauche : la solidarité, le partage, le respect du vivant.
À l’échelon national, l’austérité brutale n’est pas une fatalité, d’autres choix sont possibles, d’autres propositions politiques existent. La France n’est pas pauvre, c’est la richesse qui est mal répartie.
À l’échelon municipal, nous soutenons les efforts déployés pour atténuer ces coupes. Nous relevons par exemple la préservation des subventions aux associations culturelles et sportives, la consolidation du statut et des conditions de travail des animateurs périscolaires, l’effort porté sur la prévoyance pour les agents de la ville, tout en préservant le taux d’épargne brute.
Cette gestion prudente nous semble une réponse raisonnée. Les efforts, qui pourront passer par des abandons de projets ou des reports, ne doivent cependant pas faire l’impasse sur quelques éléments qui nous semblent prioritaires. Ainsi, l’école de la ZAC des Isles doit être maintenue dans les délais, sous peine d’étranglement des écoles à proximité. Il faut du temps pour construire un tel établissement, les logements eux, seront construits sous peu, et il est de notre responsabilité de répondre aux besoins des futurs habitants.
De manière plus globale, et puisqu’il s’agit d’une priorité de mandat, l’accent doit être maintenu sur l’environnement et l’inclusion, en soutenant aussi sans faille les associations et les partenaires engagés sur le territoire.
excellente analyse et la forme est fort bien