Conversion écologique de Gérard Allard : sincérité ou écran de fumée ?

Gérard Allard annonce vouloir baser son action politique sur le Livre Blanc sur le Climat1, alors qu’il n’a eu de cesse durant son mandat de prendre des décisions en complète opposition avec ces mesures écologiques nécessaires.

Quels constats dresse ce livre blanc ?

« Les logiques de métropolisation, qui sont à l’œuvre à Nantes (…) viennent (…) accroître la frénésie de construction et de la spéculation immobilière. De nombreux collectifs dénoncent des projets comme étant de « grands projets inutiles » (Yellopark, l’arbre aux hérons, les Gohards, etc), dans lesquels (…) la concertation est illusoire : seule l’attractivité de la métropole semble compter. » (p.2)

Ou encore : « L’objectif que s’est donné la métropole nantaise de créer 6 000 logements neufs par an va à l’encontre d’un objectif de diminution des GES. Les raisons qui poussent la métropole à construire toujours plus de logements sont la politique d’attractivité de Nantes et l’isolement des personnes dans leur habitat. » (p. 11)

Les actes concrets de Gérard Allard jusqu’à présent

On hésite entre incrédulité et hilarité à l’idée que Gérard Allard tente de reprendre à son compte ce discours, à rebours de toutes ses décisions concrètes. Rappelons qu’en tant que vice-président de la Métropole, il toujours défendu la dynamique de métropolisation et les grands projets inutiles très justement pointés par ce livre blanc.

Exemples choisis :

  • Il a approuvé la création de la ZAC des Gohards, et le projet de Yellopark remanié.
  • À Rezé, il a été un fervent promoteur de la ZAC des Iles. Une concertation sur ce projetde ZAC a eu lieu, mais l’hypothèse fondamentale de départ du nombre de logements n’a jamais pu être discutée. L’architecte Franck Bonnet lui-même n’a pas vraiment son mot à dire puisque le nombre de logement —ou les surfaces constructibles, c’est équivalent— a été figé avant la concertation, au conseil métropolitain de décembre 2013, avec bien sûr le vote favorable de Gérard Allard. Et la majorité municipale rezéenne, bien forcée de suivre son leader, a, au conseil municipal de février 2018, rendu un avis favorable sur cette concertation… qui n’a jamais permis de parler du nombre de logements.
  • Il déclare vouloir faire de Rezé une « ville potagère », mais a fait approuver à sa majorité un PLUm qui classe en « zone d’urbanisation future » la dernière grande coulée verte au cœur de Rezé, là même où sont installées les dernières activités maraîchères de la commune.
  • Il a voté en décembre 2018 pour le Plan Local de l’Habitat qui fixe l’objectif de 6 000 nouveau logements par an, régulièrement dépassé d’ailleurs. Avec l’argument apparemment imparable : il faut bien construire pour les gens qui arrivent. Sauf que l’affirmation inverse est également vraie : construire plus de logements attire plus d’habitants, comme construire plus de routes attire plus de voitures. En fait, la surproduction de logements est un outil d’attractivité. Comme le dit si bien le Livre Blanc, « Nantes vise tant la croissance qu’elle y parvient admirablement ». Par ailleurs, les faits montrent que cette surproduction ne fait globalement pas baisser les prix.

Après le baratin, des actes ?

Alors, réelle conversion écologique tardive de Gérard Allard ? Dans ce cas, il doit mettre en cohérence ses mots et ses actes en annonçant notamment :

  • Une remise à plat de la ZAC des Iles.
  • Une remise à plat de la future ZAC du Vert Praud (700 logements) à Rezé.
  • La révision du PLUm pour sanctuariser la coulée verte en la reclassant zone agricole et/ou naturelle.
  • Une révision des objectifs du PLH en reconnaissant que l’objectif de 6 000 logements par an est excessif.

Des propositions concrètes que Rezé à Gauche Toute n’a pas attendu 2020 pour formuler.

Si Gérard Allard n’en reste qu’aux beaux discours, nous devrons en conclure qu’ils ne sont qu’un écran de fumée.


  1. Livre Blanc pour le Climat : Nantes Métropole doit agir maintenant pour répondre à l’urgence climatique : https://alternatiba.eu/nantes/actualites/livre-blanc-pour-le- climat-nantes-metropole-doit-agir-maintenant-pour-repondre-a-lurgence-climatique